L’essentiel
- En 2024, on estime à 4,9 millions le nombre d’enfants de moins de cinq ans décédés dans le monde, soit un décès toutes les 6 secondes.
- On dénombrait 2,3 millions de décès néonatals (survenant durant les 28 premiers jours de vie), soit 47 % des décès d’enfants de moins de cinq ans.
- à l’échelle mondiale, le taux de mortalité des moins de cinq ans (TMM5) a reculé pour atteindre 37,4 décès pour 1000 naissances vivantes en 2024, soit moins de la moitié du niveau de 2000.
- Les progrès accomplis sur la voie de la réduction de la mortalité des moins de cinq ans ralentissent fortement depuis 2015, et ont stagné entre 2022 et 2024.
- En 2024, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud totalisaient plus de 80 % des décès des moins de cinq ans, alors qu’elles représentent moins de 60 % des naissances vivantes dans le monde.
- Les enfants nés en Afrique subsaharienne sont toujours les plus à risque, avec un TMM5 de 71,6 décès pour 1000 naissances vivantes, un taux près de 14 fois plus élevé que ceux de l’Europe et de l’Amérique du Nord.
- Les principales causes de décès chez les moins de cinq ans sont les complications associées aux naissances prématurées, les complications liées à l’accouchement (asphyxie à la naissance/traumatismes), la pneumonie, la diarrhée et le paludisme, qui peuvent toutes en grande partie être évitées ou traitées.
Vue d’ensemble
D’importants progrès ont été réalisés dans la lutte contre la mortalité infantile au cours des trois dernières décennies. À l’échelle mondiale, le taux de mortalité des moins de cinq ans a diminué d’environ 60 % depuis 1990, sous l’effet d’un accès élargi à la vaccination, d’une meilleure nutrition, d’une meilleure prise en charge des maladies de l’enfant et d’une plus grande disponibilité de personnel de santé qualifié lors de l’accouchement.
Cependant, la plupart des progrès ont eu lieu avant 2015. Entre 2015 et 2024, le taux annuel de réduction de la mortalité des moins de cinq ans a diminué de plus de moitié par rapport à 2000-2015. Le nombre total de décès d’enfants de moins de cinq ans stagne depuis quelques années, à environ 4,8 à 4,9 millions par an depuis 2022. Cette tendance est particulièrement préoccupante compte tenu du grand nombre de décès dus à des causes évitables.
Près de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans surviennent désormais pendant la période néonatale, ce qui témoigne d’une baisse plus lente de la mortalité néonatale par rapport à la mortalité des enfants âgés de 1 à 59 mois. La prématurité, les complications liées à l’accouchement (asphyxie à la naissance/traumatismes), les infections des voies respiratoires inférieures (pneumonie) et la septicémie étaient les causes les plus fréquentes de mortalité chez les nouveau-nés, avec près de 8 décès sur 10. Pour prévenir la mortalité néonatale, il est nécessaire de disposer de soins prénatals, intrapartum et postnatals de qualité, notamment d’un accès à des personnels de santé qualifiés pour l’accouchement et à des soins essentiels pour les nouveau-nés.
Les chances de survie de l’enfant restent profondément inégales. En 2024, plus de quatre décès sur cinq chez les moins de cinq ans dans le monde sont survenus en Afrique subsaharienne (2,8 millions, soit 58 %) et en Asie du Sud (1,2 million, soit 25 %), soulignant la concentration géographique de la charge mondiale de la mortalité infantile. Les zones en situation de fragilité et de conflit ainsi que les pays à faible revenu sont exposés à des risques particulièrement élevés, en raison de systèmes de santé fragiles, d’un accès limité aux services essentiels, de la pauvreté et de la croissance démographique.
Si les tendances actuelles se poursuivent, sur la période allant de 2025 à 2030, plus de 27 millions d’enfants devraient mourir avant d’atteindre leur cinquième anniversaire, ces décès étant la plupart du temps dus à des causes évitables.
Quelles sont les personnes les plus à risque ?
Le nombre de pays où le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est extrêmement élevé a diminué, mais ceux-ci se trouvent principalement en Afrique subsaharienne. En 2024, seuls trois pays – le Niger, le Nigéria et la Somalie – ont enregistré des TMM5 supérieurs à 100 décès pour 1000 naissances vivantes, contre 41 pays en 2000.
Les nouveau-nés dans des environnements dépourvus d’accès à des soins de qualité lors de l’accouchement. La grande majorité des décès de nouveau-nés se produisent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
Les enfants vivant dans des environnements fragiles et touchés par un conflit sont exposés à des taux de mortalité nettement plus élevés. En 2024, le TMM5 des enfants vivant dans ces pays était près de trois fois supérieur à celui des autres enfants.
Les enfants issus des foyers les plus pauvres, des zones rurales, et ceux dont la mère est peu instruite. La mortalité des enfants de moins de cinq ans était environ 1,5 fois plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain, et des risques plus élevés étaient associés à un jeune âge de la mère, à des intervalles génésiques plus courts et à un rang de naissance élevé.
Quelles sont les possibilités d’action ?
Pour mettre fin aux décès d’enfants évitables il faut :
- renforcer les systèmes de santé, en particulier les services de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant ;
- veiller à ce qu’un personnel de santé qualifié soit présent lors de l’accouchement et à ce que des soins de qualité soient fournis aux nouveau-nés ;
- développer la prévention et le traitement de la pneumonie, de la diarrhée et du paludisme ;
- améliorer la nutrition, l’eau et l’assainissement ; et
- protéger les investissements dans la santé des enfants, en particulier dans des environnements fragiles et où la charge de mortalité est élevée.
Il est conseillé aux familles de :
- consulter rapidement un médecin si nécessaire (les signes de danger sont des difficultés du nourrisson ou du jeune enfant à s’alimenter, une diminution de son activité, des difficultés respiratoires, de la fièvre, des crises ou des convulsions, ou une baisse de la température corporelle) ;
- déclarer toutes les naissances ; et
- faire vacciner les enfants dans les délais prévus par le calendrier national.